Rapport d’activités 2025 (provisoire)
Table des matières
Séances du comité et assemblée des délégués
Sujets principaux
Standard sectoriel pour le lait durable suisse
Le fonds Réduction du prix de la matière première
Avant-propos
Situation du marché exigeante
Le lait est un produit naturel. Grâce à l’excellente qualité du fourrage, la production laitière a fortement augmenté pendant le deuxième semestre 2025, pas seulement en Suisse, mais dans le monde entier. La production laitière n’avait plus augmenté aussi rapidement depuis la fin du contingentement laitier dans l’UE. Elle a ainsi crû de 2,7% en 2025, alors que sa croissance moyenne atteignait 0,8 % par an entre 2015 et 2024.
La baisse de la production laitière enregistrée depuis dix ans en Suisse a été stoppée en 2025, et une quantité record a été livrée jusqu’à la fin de l’année. Si l’on extrapole les quantités actuelles de lait sur toute une année, il en découle une production totale de 3,6 à 3,7 milliards de kg de lait. Pour comparaison : au cours de l’année record 2014, la production laitière s’était élevée à 3,5 milliards de kg. Outre sur la quantité de lait, on enregistre aussi des répercussions positives provisoires sur les composants du lait. La teneur en graisse moyenne du lait cru est ainsi très élevée actuellement.
Le marché international a réagi à l’offre excédentaire actuelle et a trouvé un nouvel équilibre à court terme. Aussi sur le marché du lait suisse partiellement libéralisé. La pression des importations augmente, et la compétitivité à l’exportation diminue. En même temps, le franc fort influe sur les ventes des produits laitiers et des matières de base du lait suisses dans les produits transformés. De nouveaux droits de douane ainsi que le prix élevé du café et du cacao influent aussi sur les ventes.
Résultats impressionnants sur le marché
La consommation de lait se stabilisent de plus en plus en Suisse. Au niveau du commerce extérieur, la Suisse reste un pays exportateur net de fromage. Les importations de fromage ont certes légèrement augmenté. Cette augmentation a néanmoins pu être compensée par une hausse des exportations. Le trafic de perfectionnement a baissé en 2025.
La commercialisation des produits laitiers suisses s’avère robuste dans un environnement du marché difficile. La quantité record de lait constitue le défi principal. Rappelons que cette grande quantité est due aux conditions naturelles et qu’elle n’est probablement que provisoire. Vu la baisse de la production laitière suisse, les capacités de transformation ont été réduites ces dernières années en Suisse. La quantité inhabituellement élevée de lait nécessite aussi plus de régulation.
Le secteur assume ses responsabilités
Le secteur laitier a anticipé l’augmentation des quantités et les conditions difficiles sur le marché. Des séances régulières consacrées aux capacités ont été organisées dès l’automne dernier. Lors de ces séances, des décisions sur les instruments utilisés ont été prises. L’objectif est de stabiliser le marché et de maintenir la création de valeur dans cet environnement difficile.
Le secteur laitier a élaboré des instruments pour répondre aux diverses phases et évolutions du marché :
- Adaptation du prix indicatif A selon le système de formation des prix afin d’assurer les parts de marché ;
- Mesures de droit privé de désengorgement du marché et lait C pour assurer l’équilibre sur le marché de la graisse ;
- Recommandation de réduire la quantité de lait pour assurer la transformation.
Perspectives
Le pays d’herbages qu’est la Suisse a besoin d’une production laitière forte et d’une transformation de lait efficace à long terme. Le lait et les produits laitiers sont très appréciés dans le monde entier. Les experts internationaux estiment que l’offre de lait ne suffira pas à couvrir les besoins à moyen terme. Cela offre de bonnes perspectives au secteur laitier suisse. Des mesures à court terme sont néanmoins nécessaires pour assurer le succès sur la durée.
Le marché du lait reste sujet aux fluctuations. Avec la libéralisation partielle, le secteur laitier suisse est soumis aux changements au niveau international. Une ingérence étatique comme une gestion des quantités, des prix minimums ou des interdictions d’importer n’est pas une solution. La politique peut néanmoins soutenir le secteur laitier comme:
- Augmentation du supplément pour le lait transformé en fromage ;
- Conception d’un système de paiements directs augmentant l’attrait de la production laitière ;
La discussion sur la protection douanière doit être menée en tenant compte de tous les éléments et de manière différenciée. L’accès aux marchés d’exportation et la protection de la Suisse vont de pair. Le secteur laitier suisse atteint un taux d’autosuffisance de plus de 100 % et dépend donc des exportations.
Peter Hegglin, président, et Stefan Kohler, gérant
Membres
Organisations des producteurs
- Aaremilch AG
- Arnold Produkte AG
- Association des producteurs de lait de Cremo SA APLC
- Association des producteurs de Milco APLM
- Association des producteurs de Nestlé Broc APLN
- Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie FSFL
- Fédération laitière valaisanne / Walliser Milchverband
(dès le 27 mai 2025) - MIBA Genossenschaft
- Mittelland Milch
- mooh Genossenschaft
- OP Federazione ticinese produttori di latte
- OPU Laiteries Réunies de Genève LRG
- PMO Strähl
- PMO Züger/Forster
- PO Ostschweiz
- Prolait – Fédération laitière
- Producteurs suisses de lait PSL
- Vereinigung Berner Milchproduzenten Cremo VBMC
- Zentralschweizer Milchproduzenten ZMP
Entreprises et organisations de l’industrie laitière
- Baer AG
- Cremo SA
- Emmi Schweiz AG
- Hochdorf Swiss Nutrition AG
- Milco Industrie SA
- Nestlé Suisse SA
- Swiss Premium AG
- VMI Association de l’industrie laitière suisse
- VSMM Association Suisse des Laiteries Moyennes
- Züger Frischkäse AG
Fromageries artisanales
- Fromarte
- Association des artisans fromagers romands AFR
- Bernischer Milchkäuferverband
- Genossenschaft Ostschweizer Milchverarbeiter
- Verband der Zentralschweizer Käsermeister ZSKM
Commerce de détail
- Coop
- Aldi Suisse
Organes
Comité
Représentants du groupe d’intérêts Production
Membres
| Bigler Rudolf | Aaremilch AG, Lyss (vice-président) |
| Banga Christian | MIBA, Aesch |
| Beuret Boris | PSL, Berne |
| Dörig Sepp | PO Ostschweiz, Schönenberg an der Thur |
| Dummermuth Jürg | Mittelland Milch, Suhr |
| Egli Hanspeter | PSL, Berne |
| Furrer Pirmin | ZMP, Lucerne |
| Hagenbuch Stephan | PSL, Berne |
| Hirt Mireille | APLC, Bulle |
| Schwager René | mooh société coopérative, Zürich |
Suppléants
| Benoit Marc | Prolait, Romainmôtier |
| Maudonnet Vincent | APLN, Bossennens |
| Nicolet Yves | FSFL, Bulle (dès le 24 avril 2024) |
| Stettler Fritz | PMO Züger-Forster, Frauenfeld |
| Yerly Gabriel | FSFL, Bulle (jusqu'au 24 avril 2024) |
Représentants du groupe d’intérêts transformation / commerce
Membres
| Hauser Manuel | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Aschwanden Hans | ZSKM, Seelisberg |
| Breu Mario | Züger Frischkäse AG, Oberbüren (dès le 2 mai 2025) |
| Gygax Jacques | Fromarte, Berne (jusqu’au 2 mai 2025) |
| Hinterberger Andreas | Berg-Käserei Gais, Gais |
| Hirt Lorenz | VMI, Berne |
| Meier Paul | Fromarte, Bern (dès le 2 mai 2025) |
| Muntwyler Marc | Coop, Bâle |
| von Wyl Andreas | Hochdorf Swiss Nutrition AG, Hochdorf |
| Wegmüller Andreas | Cremo SA, Villars-sur-Glâne |
| Züger Christof | Züger Frischkäse AG, Oberbüren (jusqu’au 2 mai 2025) |
Suppléants
| Imhof Daniel | Nestlé Suisse SA, Vevey |
| Kolly Benoît | Laiterie du Mouret, Ferpicloz |
| Krumm Christian | Aldi Suisse AG, Schwarzenbach |
| Meier Martin | Swiss Premium AG, Dietikon |
Organisation
Gérance
| Kohler Stefan | IP Lait, Berne |
| Grossenbacher Michael | IP Lait, Berne |
| Parel Anne-Thérèse | IP Lait, Berne |
Réviseur
| Mathys Dieter | Engel Copera AG, Berne-Liebefeld |
Commission des sanctions
| Hänni Peter | Tribunal régional de l'Oberland, Thoune (président) |
| Challandes Anne | Paysanne, Fontainemelon NE |
| Emmenegger Guy | eh.legal, Berne |
| Rufer Martin | USP, Brugg |
| Ryser Peter | OS Beurre, Berne |
Commission marché du beurre
Cette commission remplace dès août 2024 l’ancienne commission « Importations de beurre » et l’ancien groupe d’accompagnement du fonds « Régulation ».
Groupe d’accompagnement fonds « Réduction du prix de la matière première pour l’industrie alimentaire »
| Bigler Rudolf | Aaremilch, Lyss |
| Hagenbuch Stephan | FPSL, Berne |
| Hirt Lorenz | VMI, Berne |
| Imhof Daniel | Nestlé Suisse SA, Vevey |
| Rufer Alfred | OS Beurre, Berne (dès mai 2025) |
| Ryser Peter | OS Beurre, Berne (jusqu'en mai 2025) |
| von Wyl Andreas | Hochdorf Swiss Nutrition AG, Hochdorf |
| Weilenmann Daniel | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Wehrli Roger | Chocosuisse, Berne |
| Kohler Stefan | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Groupe d’accompagnement boîte MPC du fonds « Réduction du prix de la matière première »
| Bigler Rudolf | Aaremilch, Lyss |
| Hagenbuch Stephan | FPSL, Berne |
| Hirt Mireille | APLC, Bulle |
| von Wyl Andreas | Hochdorf Swiss Nutrition AG, Hochdorf |
| Wegmüller Andreas | Cremo SA, Villars-sur-Glâne |
| Weilenmann Daniel | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Kohler Stefan | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Commission « Lait Biologique »
| Huser Jasmin | Bio Suisse, Bâle |
| Estermann Dominik | ZMP, Lucerne |
| Glauser Bendicht | Biomilchpool GmbH, Niederuzwil |
| Gygax Jacques | Fromarte, Berne (jusqu'en mai 2025) |
| Hauser Manuel | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Herwig Thomas | Bio Suisse, Bâle |
| Käch Pitt | Progana, Riaz |
| Meier Paul | Fromarte, Berne (dès mai 2025) |
| Stojanovic Darko | Coop, Bâle |
| Wegmüller Andreas | Cremo SA, Villars-sur-Glâne |
| Kohler Stefan | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Commission « Dérogations Swissness » et commission « Octroi de licence swissmilk green »
| Beuret Boris | FPSL, Berne |
| Bigler Rudolf | Aaremilch, Lyss |
| Gygax Jacques | Fromarte, Berne (jusqu'en mai 2025) |
| Hagenbuch Stephan | FPSL, Berne |
| Hirt Lorenz | VMI, Berne |
| Imhof Daniel | Nestlé Suisse SA, Vevey |
| Meier Paul | Fromarte, Berne (dès mai 2025) |
| Kohler Stefan | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Commission « Dérogations SST/SRPA Tapis Vert »
| Dummermuth Jürg | Mittelland Milch, Suhr |
| Meier Peter | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Reinhard Thomas | FPSL, Berne |
| Grossenbacher Michael | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Commission « Contrôle de lait » (octobre 2025)
| Ingenhoff Jan-Erik | Agroscope, Bern-Liebefeld |
| Hervet Sandrine | OSAV, Bern-Liebefeld |
| Robbiani Sarah | mooh, Zürich (représentante pour l'IP Lait) |
| Gygax Jacques | Fromarte, Berne (jusqu'en février 2025) |
| Miéville François | Fromarte, Berne (dès février 2025) |
| Reist Pierre | Fromarte, Berne |
| Schär Samuel | SZZV, Zollikofen (autres mammifères) |
| Hagenbuch Stephan | FPSL, Bern |
| Dummermuth Jürg | Mittelland Milch, Suhr (représentant pour FPSL) |
| Wegmüller Andreas | Cremo SA, Villars-sur-Glâne (représentant pour VMI) |
| Lottaz Salome | Elsa Group, Estavayer (représentante pour VMI) |
| Hostettler Mirjam | TSM Treuhand, Berne |
| Stadelmann David | TSM Treuhand, Berne |
| Kohler Stefan | BO Milch, Berne (gérance) |
| Grossenbacher Michael | BO Milch, Berne (coordination) |
| Beck Christian | Suisselab, Zollikofen (invité) |
| Jungo Laurence | Suisselab, Zollikofen (invitée) |
| Schnebli Kurt | Fromarte, Berne (invité) |
| Reinhard Thomas | FPSL, Berne (invité) |
Commission Politique économique et communication (CPEC)
| Aschwanden Hans | ZMKV, Seelisberg (dès février 2025) |
| Beuret Boris | FPSL, Berne |
| Gygax Jacques | Fromarte, Berne (jusqu’en février 2025) |
| Hagenbuch Stephan | FPSL, Berne |
| Hirt Lorenz | VMI, Berne |
| Banga Christian | MIBA, Aesch |
| Weilenmann Daniel | Emmi Schweiz AG, Lucerne |
| Grossenbacher Michael | IP Lait, Berne (coordination et gérance) |
Séances du comité et assemblée des délégués
Séances du comité en 2025
Le comité de l’IP Lait a tenu quatre séances ordinaires et une séance extraordinaire en 2025.
Séance ordinaire du 28 février 2025
- Le prix indicatif pour le lait de centrale du segment A reste inchangé à 82 ct/kg pour le deuxième trimestre 2025.
- Le développement du calculateur climatique de l’IP Lait se poursuit comme prévu, sans interruption.
- Approbation de l’ordre du jour pour l’assemblée des délégués du mois d’avril, comprenant la proposition de demander le prolongement de la force obligatoire pour le règlement sur la segmentation.
- Départ de Jacques Gygax et Christof Züger du comité.
Séance ordinaire du 27 mai 2025
- Présentation par l’USP de la campagne contre l’initiative végane
- Le prix indicatif pour le lait de centrale du segment A reste inchangé à 82 ct/kg pour le troisième trimestre 2025.
- Diverses décisions sur les fonds « Réduction du prix » et « Régulation » adaptant la hauteur du soutien. Provisoirement, pas de nouvelles quantités à réguler.
- Adhésion de la Fédération Laitière Valaisanne à l’IP Lait
Séance ordinaire du 29 août 2025
- Le prix indicatif pour le lait de centrale du segment A reste inchangé à 82 ct/kg pour le quatrième trimestre 2025.
- Diverses décisions sur les fonds « Réduction du prix » et « Régulation » : soutien plus élevé pour la matière grasse dans le fonds de réduction du prix ; régulation de 2000 t de crème et 750 t de beurre.
- Décision de convoquer une assemblée extraordinaire des délégués avec des propositions d’adaptation dans les règlements des fonds.
- Diverses décisions concernant le développement du calculateur climatique : collaboration avec le World Climate Farm Tool ; collaboration dans le projet « Alliance climatique pour l’alimentation » ; discussion d’un modèle de financement et de rétribution pour le lait dont l’empreinte climatique est calculée.
Séance ordinaire du 14 novembre 2025
- Pas de décision pour le prix indicatif A à partir du 1er janvier 2026.
- Discussion d’une solution pour le financement des prestations climatiques : pas de décision et report de la discussion à la séance extraordinaire du 15 décembre.
Séance extraordinaire du 15 décembre 2025
- Fixation du prix indicatif A à 78 centimes dès le 1er février 2026 (moins 4 centimes). La décision est valable jusqu’au 31 décembre 2026.
- Réflexion sur le développement du marché du lait et les mesures de régulation
- Discussion sur le modèle de financement et de rétribution pour les prestations pour le climat : décision pour le lancement du calculateur en date du 1er juillet 2026. Pas de décision concernant le système de financement. Mise en place d’un groupe de travail pour approfondir les discussions.
Assemblées des délégués 2025
Assemblée ordinaire des délégués du 2 mai 2025
L’assemblée ordinaire des délégués s’est tenue le 2 mai au centre des congrès Ador Sorell à Berne. Les sujets principaux suivants y ont été traités :
- Approbation du rapport d’activité 2024 ;
- Approbation des comptes 2024 ;
- Adoption du rapport, du compte de résultat et du bilan du fonds « Réduction du prix de la matière première » ainsi que du fonds « Régulation » ;
- Informations sur le développement du calculateur climatique de l’IP Lait en collaboration avec Barto et la HAFL ;
- Adhésion de l’IP lait à l’alliance de l’USP « Non à l’initiative végane » ;
- Demande au Conseil fédéral pour la prolongation de la force obligatoire pour le règlement sur le contrat type, la segmentation et les prix indicatifs pour la période du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2029 : l’assemblée des délégués a approuvé cette démarche à l’unanimité ;
- Information sur la situation actuelle concernant la mise en œuvre du Tapis Vert ;
- Election de renouvellement complet du comité : tous les membres candidats à la réélection sont confirmés ;
- Paul Meier (Fromarte) et Mario Breu (Züger Frischkäse AG) sont élus comme nouveaux membres du comité
- Peter Hegglin est confirmé comme président pour la prochaine période de mandat
Assemblée extraordinaire des délégués du 26 septembre 2025
Adaptation des règlements et des directives concernant le Fonds de réduction du prix et le fonds de régulation : les délégués ont décidé diverses adaptations du soutien pour la matière grasse et la protéine pour l’allégement du marché :
- Le montant du soutien à l’exportation de crème et de beurre par le fonds de régulation est réhaussé de 80 à 100% jusqu’au 30 juin 2026.
- Le lait C acheté au cours du quatrième trimestre 2025 peut être compté pour des exportations réalisées en 2026.
- Transfert de moyens du fonds de réduction du prix vers le fonds de régulation : le financement du soutien supplémentaire pour la matière grasse est financé aussi en phase II par le fonds de réduction du prix, et les conséquences du rehaussement du soutien dans le fonds de réduction du prix sur le fonds de régulation sont elles aussi financées par le fonds de réduction du prix.
Prix indicatifs
Segment A
Le prix indicatif A vaut pour le lait du segment A avec 4 % de graisse et 3,3 % de protéine. Il s’agit d’un prix franco rampe du transformateur sans TVA, incluant le supplément de durabilité et le supplément pour le lait commercialisé. Le prix indicatif A est utilisé comme base de décision pour les négociations sur le prix du lait de centrale à tous les échelons du commerce.
Le comité fixe le prix indicatif A chaque trimestre sur la base de trois paramètres : évolution du prix du lait de centrale, évolution des prix des intrants agricoles et évaluation de l’évolution du marché. S’il ne trouve pas d’accord, c’est la base calculée du prix indicatif qui s’applique, pour autant qu’une fourchette définie par rapport au prix indicatif actuel soit dépassée.
À sa séance du 15 novembre 2024, le comité avait confirmé le maintien du prix indicatif A à 82 centimes pour le premier trimestre 2025. Ce prix est resté stable toute au long de l’année 2025. Il avait déjà atteint le niveau de 82 centimes le 1er juillet 2024, après avoir été réhaussé de 3 centimes par rapport au premier semestre. Au cours des années précédentes, le prix avait augmenté progressivement. Depuis 2022, il marque un palier entre 78 et 82 centimes par kilo.
Segment B
Le prix indicatif du lait B est calculé et publié mensuellement par le secrétariat de l’IP Lait. Il correspond au prix d’un kilo de lait transformé en poudre de lait écrémé pour l’exportation sur le marché mondial et en graisse lactique pour le marché indigène et se base sur les paramètres suivants :
Prix de la graisse lactique en Suisse : CHF 11,22/kg, sur la base du prix indicatif A
Prix de la poudre de lait écrémé : Agrarmarkt Informations-GmbH (AMI) ; marché mondial fob, Europe de l’Ouest
Taux de change : $/CHF selon la Banque Nationale Suisse
Le prix indicatif du segment B a connu une baisse légère mais continue en 2025, passant de 56,4 centimes en janvier à 53 centimes en décembre (-6%). Au premier semestre, cette baisse s’explique par le cours du dollar. Sa valeur avoisinait 0.90 CHF en janvier et février avant de chuter pour atteindre à peine 0.80 CHF tout au long du deuxième semestre. La poudre de lait écrémé s’est maintenue à un niveau stable jusqu’en août avec une valeur fluctuant entre 2650 $/t en mars et 2750 $/t en juin et août. Le prix a ensuite baissé régulièrement, atteignant 2425 $/t en décembre.
Segment C
Le prix indicatif C correspond au prix d’un kilo de lait transformé en poudre de lait écrémé et en graisse lactique pour l’exportation sur le marché mondial. A partir de septembre 2025, du lait C a à nouveau été commercialisé. Les quantités étaient néanmoins encore très faibles pour les achats de lait au premier échelon (voir chapitre « Segmentation »).
Le prix indicatif du segment C a suivi l’évolution du prix des produits laitiers sur le marché mondial. La baisse du prix de la poudre de lait écrémé et celle du cours du dollar ont également exercé une pression sur le prix du segment C. La plus grande influence provient des prix de la matière grasse. Le prix du beurre calculé sur la base des valeurs européennes et mondiales (AMI) a baissé de 25% entre septembre (6.04 CHF/kg) et décembre 2025 (4.46 CHF/kg). Sur l’ensemble de l’année, il s’est dévalorisé de 30%. Cela se répercute directement sur le prix indicatif pour le lait du segment C destiné à l’exportation sur le marché mondial.
Prix indicatifs A, B et C de l’IP Lait en 2025
En ct./kg
Segmentation
En 2025, 80,5% du lait livré ont été achetés dans le segment A auprès des producteurs et 19,4 % dans le segment B. Après six années sans lait C sur le marché, de faibles quantités ont à nouveau été achetées dans ce segment au niveau des achats au premier échelon. Ces quantités de lait C ont été achetées au cours des derniers mois de l’année et représentent 0,1 % du lait commercialisé en 2025. La part annuelle de lait A par rapport au lait B a diminué pour la troisième année consécutive.
Segmentation au niveau du premier acheteur de lait
En %
Au total, 3'368'867 tonnes de lait ont été achetés conformément à la segmentation pendant l’exercice 2025, soit une augmentation de 2,8 % par rapport à 2024. Cette quantité est plus faible que celle figurant dans d’autres statistiques parce que le lait écoulé en vente directe et le lait transformé en fromage sur les alpages ne sont pas soumis à la segmentation. Le lait segmenté englobe en revanche le lait de la zone franche de Genève ainsi que le lait de la principauté du Liechtenstein.
Achat au premier niveau en 2025 : Achat de lait directement auprès de producteurs
| Mois | Lait A | Lait B | Lait C | |||
| en tonnes |
en % |
en tonnes |
en % |
en tonnes | en % | |
| Janvier | 226’992 | 81.2 | 52’602 | 18.8 | 0 | 0.0 |
| Février | 212’913 | 80.8 | 50’509 | 19.2 | 0 | 0.0 |
| Mars | 243’500 | 80.2 | 60’209 | 19.8 | 0 | 0.0 |
| Avril |
253’290 | 80.7 | 60’473 | 19.3 | 0 | 0.0 |
| Mai |
253’052 | 80.5 | 61’309 | 19.5 | 0 | 0.0 |
| Juin |
220’226 | 81.3 | 50’804 | 18.7 | 0 | 0.0 |
| Juillet |
213’750 | 81.4 | 49’003 | 18.6 | 0 | 0.0 |
| Août |
211’422 | 81.9 | 46’859 | 18.1 | 0 | 0.0 |
| Septembre |
212’024 | 81.6 | 47’779 | 18.4 | 73 | 0.0 |
| Octobre |
224’627 | 80.7 | 53’384 | 19.2 | 453 | 0.2 |
| Novembre |
212’170 | 78.1 | 58’388 | 21.5 | 1’062 | 0.4 |
| Décembre |
228’397 | 78.2 | 62’485 | 21.4 | 1’114 | 0.4 |
| TOTAL |
2'712’363 | 80.5 | 653’803 | 19.4 | 2’701 | 0.1 |
Le graphique ci-dessous montre la différence de prix entre la Suisse et l’UE depuis 2011. On constate une réduction de la différence entre 2024 (23.67 ct) et 2025 (21.14 ct). Les prix sont effectivement restés stables en Suisse alors qu’ils ont connu une hausse moyenne d’environ 3 centimes dans l’UE. Dans un contexte avec beaucoup de lait et des stocks de beurre élevés, un écart plus grand constituerait un frein important à l’exportation de produits laitiers suisses en Europe. La pression exercée par les produits étrangers sur le marché suisse s'accentuerait elle aussi. Un écart légèrement supérieur à 20 centimes est sain et permet de maintenir ou regagner des débouchés pour le lait suisse.
Évolution du prix du lait en Suisse et dans l’UE (Moyenne par année)
En ct./kg
Contrôle de TSM Fiduciaire Sàrl
TSM Fiduciaire Sàrl contrôle le respect de la segmentation sur mandat de l’IP Lait. En raison de la force obligatoire, tous les acteurs du marché sont contrôlés, indépendamment de leur affiliation ou non à l’IP Lait. La concordance des quantités dans les segments est contrôlée pendant une année civile. Tout comme l’année précédente, aucun écart n’a été constaté auprès des acheteurs au premier et au deuxième échelon. Cela signifie que les segments achetés correspondaient aux segments vendus dans le commerce de lait. De plus, l’utilisation du lait B acheté pour la transformation a pu être prouvée. Une marge de tolérance de 5% s’applique. Aucun cas n’a dû être soumis à la commission des sanctions.
La force obligatoire selon l’article 37 de la loi sur l’agriculture s’applique au règlement sur la segmentation et sur les prix indicatifs. Le 19 novembre 2025, le Conseil fédéral a pris la décision de la prolonger pour une période de 4 ans entre le 1e janvier 2026 et le 31 décembre 2029. La demande avait été décidée par l’assemblée des délégués du 2 mai 2025.
Contrôles par l’IP Lait
En raison d’une production laitière excédentaire par rapport aux capacités de transformation et aux débouchés du marché, du lait a à nouveau été acheté dans le segment C pour la régulation du marché. Cela n’avait plus été le cas depuis 2018. L’IP lait a donc effectué un contrôle pour s’assurer du respect du règlement entre les mois de novembre et décembre 2025. Ce contrôle portait en particulier sur le point suivant du règlement :
Cette règle fondamentale repose sur la considération que la réduction volontaire de la production laitière est un meilleur moyen de régulation du marché que la livraison de lait C. Chaque entreprise a été contactée par courrier avec la demande de faire parvenir à l’IP Lait une explication de la manière dont ce point du règlement est mis en œuvre. Sur les 21 entreprises interrogées, 3 cas devront être évalués par la commission des sanctions de l’IP lait en début d’année 2026. Celle-ci déterminera si les dispositions appliquées sont conformes au règlement ou si des modifications doivent être apportées. Si tel est le cas, la commission fixera également le délai dans lequel une nouvelle solution doit être mise en œuvre.
Standard sectoriel pour le lait durable suisse
Les délégués de l’IP Lait ont décidé que depuis le 1e janvier 2024, le lait suisse ne peut plus être commercialisé et transformé que s’il a été produit conformément aux directives du standard de durabilité de la branche (SSLDS, aussi nommé « Tapis vert »). Après deux années de mise en œuvre de cette décision, la part du lait répondant aux exigences du SSLDS s’élevait à 98.7% à la fin de l’année 2025. Cela représente une hausse d’un demi-point par rapport à l’année précédente (voir graphique).
Part du lait SSLDS à la quantité de lait totale depuis 2019 (en %)
Les exploitations restantes livrent pour la plupart leur lait à des transformateurs qui ne sont pas rattachés à l’IP lait, raison pour laquelle ils n’étaient jusqu’ici pas soumis à l’obligation de remplir les exigences du SSLDS.
A partir du premier janvier 2026, le respect du standard est une exigence qui s’étend à l’ensemble des producteurs et des transformateurs suisses de lait. En effet, le règlement sur le contrat-type et la segmentation de l’IP lait définissant le standard sectoriel comme contraignant a été déclaré de force obligatoire par le Conseil fédéral dès le 1er janvier 2026. Dans la pratique, la participation au standard s’est rapidement étendue depuis son introduction en 2019.
Ce standard est de grande importance pour la filière, du fait qu’il démontre aux consommatrices et consommateurs l’engagement des producteurs suisses de lait pour l’environnement et le bien-être animal. Les exceptions à ce standard affaiblissent l’image de la branche et diminuent la plus-value du lait suisse.
Les personnes de contact de BD lait et de la gérance de l’IP Lait recherchent, lors d’entretiens individuels avec les productrices et producteurs de lait concernés, la solution optimale pour leur exploitation. La possibilité de recourir à l’une des trois formes de compensation ou au délai transitoire fait que la plupart de ces entretiens aboutissent avec succès.
Evolution de l’utilisation du logo « swissmilk green »
Le nombre de produits laitiers commercialisés arborant le logo « swissmilk green » continue d’augmenter, quoique plus lentement. En 2025, 255 millions d’unités de consommation ont été étiquetées avec le logo du Standard sectoriel pour un lait suisse durable. En 2024, c’étaient 241 millions, ce qui représente un taux de croissance de 6 %. Depuis son introduction en 2019, près de 1,15 milliards d’unités de consommation ont été produites sous les couleurs de « swissmilk-green ».
Nombre d'unités de consommation arborant "swissmilk green"
En 1000 pièces
Le groupe de produits se détachant en tête est le yogourt ; en 2025, 91 millions de gobelets ont été étiquetés. Le beurre suit en deuxième place avec 59 millions d’emballages, nettement devant le lait de consommation avec 24 millions d’emballages.
Bilan climatique
L’IP Lait a défini les piliers de son engagement en matière de protection du climat. L’outil a été sélectionné et le partenariat informatique déterminé. Ainsi, plus rien n’entravait le développement du calculateur climatique de l’IP lait en 2025. Etroitement accompagnée par un groupe de projet de l’IP Lait, une équipe de spécialistes de Barto AG, Bison Schweiz AG et Agridea – responsables de l’aspect technique – et de représentants de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires BFH-HAFL – responsables des aspects scientifiques – s’est mise au travail. Leur objectif : rendre d’ici la fin de l’année le calculateur climatique jusqu’alors connu sous le nom de « Klir » accessible à un large public de productrices et producteurs de lait. Grâce à des interfaces avec les principales sources de données Agis, BDTA et BDlait, le calculateur est simple d’utilisation pour les exploitations intéressées. De plus, l’importation automatique des données nécessaires au calcul permet d’éviter les erreurs et de limiter la charge de contrôle. Le résultat des calculs est le Product Carbon Footprint (PCF), exprimé en kilogrammes de CO₂ par kilogramme de lait.
Les transformateurs et les détaillants ont besoin du PCF afin de compléter leur bilan climatique avec des valeurs réelles et de démontrer ensuite l’évolution – idéalement à la baisse – de l’empreinte carbone du lait utilisé au fil des années. L’amélioration de ces valeurs repose sur l’engagement des productrices et producteurs de lait.
Une solution pour le secteur
Au cours de l’année, il est apparu de plus en plus clairement qu’une démarche isolée de la branche laitière en matière de climat n’était pas pertinente. Les acteurs des différents échelons de la chaîne de valeur ont reconnu qu’une approche coordonnée au sein du secteur agroalimentaire était nécessaire. Ainsi, au cours de l’été, Aldi Suisse, Bio Suisse, Coop, Denner, Emmi, Fenaco, IP-Suisse, Lidl Suisse, la Fédération des coopératives Migros, Nestlé, l’USP et le WWF ont fondé l’Alliance climatique pour l’alimentation. De nombreuses autres organisations et entreprises participent également aux différentes instances de cette alliance. Parmi elles figurent notamment l’IP Lait, Proviande et Swiss Granum.
L’Alliance climatique pour l’alimentation s’est accordée sur une déclaration en cinq points :
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre vers le zéro net grâce à la mise en œuvre de mesures efficaces qui visent une pratique agricole durable globale, sans réduire la production nationale.
- Facteurs d'émission calculés de manière uniforme et conformes à la SBTi pour toutes les matières premières pertinentes, et sur les mises à jour périodiques.
- Échange de données standardisé tout au long de la chaîne de création de valeur.
- Élaboration d'un modèle de financement qui garantit l'origine et l'utilisation des fonds et évite les distorsions du marché.
- Rémunération des prestations fournies par les producteurs (y compris la collecte préalable de données) par des suppléments plus élevés (par exemple, supplément au prix indicatif dans le secteur laitier) sur le marché par les acheteurs respectifs (notamment la transformation, le commerce et l'industrie). Ces compensations seront effectuées séparément.
Rôle de pionnier de la branche laitière
En raison de la complexité de la mise en œuvre de ces objectifs communs, l’alliance a décidé de les tester concrètement dans le cadre d’un projet pilote prenant pour exemple la branche laitière. Ce choix s’explique notamment par les importants travaux préalables réalisés par ce secteur en matière de bilan climatique. IP-Suisse, Bio Suisse et l’IP Lait ont ainsi été chargés d’examiner dans quelle mesure les différents systèmes climatiques peuvent être réunis et selon quelles règles les prestations des exploitations agricoles peuvent être rémunérées. L’accompagnement scientifique du processus garantit que ce système uniforme de comptabilisation climatique est conforme à la déclaration d’intention de l’Alliance pour le climat.
Contrôle du lait
La qualité des livraisons de lait s’est nettement améliorée au cours des dernières années. La baisse des interdictions de livraison prononcées en raison du nombre de cellules somatiques ou de la présence d’inhibiteurs est particulièrement marquante. Ces deux facteurs jouent un rôle déterminant dans la qualité du lait. Malgré de légères fluctuations, notamment en ce qui concerne les inhibiteurs et les interdictions de livraison qui en découlent, la tendance générale est clairement à la baisse (voir graphique).
Le nombre total des interdictions de livraison de lait a diminué d’environ 27 % au cours des quatre dernières années. Alors que 290 interdictions avaient été prononcées en 2022, on n’en compte plus que 211 en 2025. Cette baisse témoigne clairement d’une amélioration continue de la qualité de la production laitière, de meilleurs processus ainsi que de mesures de prévention efficaces au sein des exploitations. Les mesures et contrôles mis en place portent leurs fruits, permettant ainsi une amélioration durable du standard de production.
Evolution du nombre d'interdictions de livraison du lait
Début 2025, un nouveau contrat entre l’IP Lait et Suisselab est entré en vigueur pour une durée minimale de quatre ans. Les tarifs des prestations en font partie intégrante. Cela permet à la Commission de contrôle du lait d’établir une planification budgétaire précise. Cette planification a montré que la contribution annuelle de 95 francs des producteurs de lait aux coûts résiduels du contrôle du lait ne suffisait plus à couvrir les dépenses. Tant les charges que les recettes du compte du contrôle du lait peuvent être estimées de manière assez précise à moyen terme. Dans ce contexte, la Commission de contrôle du lait a décidé d’augmenter cette contribution par fournisseur à 115 francs à partir de l’année 2025. Ce montant devrait rester stable au cours des prochaines années.
Fonds de régulation
Les fonds « Réduction du prix de la matière première » (RPMP) et « Régulation » (REG) ont été mis en place le 1er janvier 2019. Si le premier a été utilisé pour la septième année consécutive, le fonds de régulation a été activé pour la première fois. D’une part, la boîte MPC existant auparavant dans le fonds RPMP a été transférée au 1er janvier 2025 dans le fonds de régulation. D’autre part, des excédents de matière grasse sur le marché suisse du lait ont pour la première fois dû être régulés au cours de l’année sous revue.
Perception des fonds
La contribution aux fonds est encaissée mensuellement auprès des 35 transformateurs de lait soumis à l’obligation de payer. L’encaissement est effectué par TSM sur mandat de l’IP Lait. Durant l’exercice 2025, l’IP Lait a facturé au total 75,6 millions de francs en faveur des deux fonds. La contribution prélevée s’élevait à 5 centimes par kilo de lait non transformé en fromage. Le fonds de régulation s’est vu attribuer 20% des recettes, soit 15,1 millions de francs.
Aides versées avec les moyens du fonds "Régulation"
Au total, des aides à hauteur de 5,14 millions de francs ont été demandées en 2025 au travers de la boîte « matière grasse » du fonds de régulation. Ce soutien a été pour la première fois actif en 2025. Par ailleurs, 2,31 millions de francs ont été transférés de la boîte « matière grasse » au fonds RPMP pour le soutien supplémentaire à la matière grasse du lait. Cet argent a permis de soutenir l’exportation de 1584 tonnes de matière grasse du lait. Le soutien supplémentaire issu de la boîte « matière grasse » a contribué à une diminution du trafic de perfectionnement de 1460 tonnes de beurre en 2025. Au travers de la boîte MPC, 6,35 millions de francs ont été demandés pour l’exportation de 4325 tonnes de protéines du lait. Au total, le fonds REG a exercé une influence directe pour environ 170 millions de kilos de lait.
La boîte « matière grasse » boucle l’exercice 2025 avec un bénéfice de 213'746 francs. Avec le report de l’année précédente, elle entame l’année 2026 avec un solde positif de 2,74 millions de francs. La boîte MPC boucle l’année 2025 avec un excédent de 1'164'912 francs. Avec le report de l’année précédente, elle entame l’année 2026 avec un solde positif de 788'864 francs.
Défis 2025
Au mois de septembre 2025, Les délégués de l’IP lait ont décidé d’augmenter fortement le soutien à partir de la boîte « matière grasse » dès le mois d’octobre 2025. Ce soutien devait permettre d’atteindre les trois objectifs suivants : « stabilisation », « soutien du prix du lait » et « solidarité ». Comme décrit au chapitre 6, les moyens engagés ont apporté une contribution importante à la réalisation de ces objectifs. D’importantes quantités excédentaires de matière grasse du lait et de protéine ont été exportées. Cela a permis d’atténuer la pression sur les prix du lait : les prix dans les segments A et B ont été renforcés pour les quantités de lait respectives et les acteurs du marché s’engageant de manière prépondérante dans la régulation du marché bénéficient au travers des fonds d’une contribution solidaire financée par l’ensemble des acteurs. Il en a résulté une redistribution de fonds d’un peu plus de 15 millions de francs.
Les défis sur le marché de la matière grasse du lait restaient toutefois très importants à la fin de l’année. Au cours des dernières semaines de 2025, la production de lait de centrale dépassait de près de 10% celle de l’année précédente et la pression sur le marché du beurre est restée élevée jusqu’au bout. La campagne de régulation débutée au dernier trimestre de 2025 sera donc poursuivie au mois jusqu’à la mi-2026.
Le fonds « Réduction du prix de la matière première »
Perception des fonds
La contribution aux fonds est encaissée mensuellement auprès des 35 transformateurs de lait soumis à l’obligation de payer. L’encaissement est effectué par TSM sur mandat de l’IP Lait. Durant l’exercice 2025, l’IP Lait a facturé au total 75,6 millions de francs en faveur des deux fonds. La contribution prélevée s’élevait à 5 centimes par kilo de lait non transformé en fromage. Le fonds « Réduction du prix » s’est vu attribuer 80% des recettes, soit 60,5 millions de francs.
Aides versées avec les moyens du fonds « Réduction du prix de la matière première »
En comparaison des années précédentes, trois aspects sont à relever : premièrement, l’ancienne boîte « Développement du marché » avec jusqu’ici 1,7 millions de francs de soutien, est pour la première fois intégrée dans la boîte principale. Deuxièmement, le niveau du soutien a fortement augmenté. Troisièmement, les exportations de denrées alimentaires en 2025 ont fortement souffert de la conjoncture économique en 2025, avec une baisse des volumes. L’industrie du chocolat a été particulièrement touchée par ces conditions de marché difficiles. Au total, des aides à hauteur de 59,52 millions de francs ont été demandées en 2025 (2024 : 53,35 millions ; 2023 : 58,37 millions ; 2022 : 44,13 millions ; 2021 : 57,34 millions).
Soutien aux exportations entre 2019 et 2025
En tonnes de graisse et protéine lactiques
Ainsi que le montant du soutien correspondant en millions de francs suisses
En 2025, avec le soutien du Fonds « Réduction du prix de la matière première », 5981 tonnes de graisse lactique (2024 : 5898 t ; 2023 : 7625 t) et 8100 tonnes de protéines lactiques (2024 : 8315 t ; 2023 : 9373 t) ont été exportées sous forme de denrées alimentaires transformées. Ces volumes de matière grasse et de protéines du lait correspondent à un total de 193 millions de kg de lait (2024 : 195 millions ; 2023 : 235 millions), soit 5,8 % de la production laitière suisse.
Le fonds « Réduction du prix de la matière première » boucle l’exercice 2025 avec un bénéfice de 3,0 millions de francs. Avec le report de 17.4 millions de francs de l’année précédente, le fonds entame l’année 2026 avec un solde positif de 20,4 millions de francs.
Evolution du trafic de perfectionnement
En 2025, la branche a réussi, notamment grâce à des contributions plus élevées par 100 kg de matière grasse et de protéines du lait, à regagner une partie des parts de marché perdues jusqu’en 2024. Pour la matière grasse du lait, 28 % des matières premières des denrées alimentaires exportées provenaient en 2025 du trafic de perfectionnement, contre 33 % l’année précédente ; pour les protéines du lait, cette part était de 13 % (contre 17 % en 2024). Le secteur laitier a ainsi réussi à écouler davantage de matières premières suisses dans un marché en contraction.
Si l’on convertit les quantités de poudre de lait entier, de poudre de lait écrémé et de beurre échangées dans le cadre du trafic de perfectionnement en leurs composants, on obtient 2354 tonnes de matière grasse (2024 : 3034 t) et 1165 tonnes de protéines du lait (2024 : 1480 t). Cela correspond à 48 millions de kilos équivalents lait, soit 1,4 % de la production laitière suisse (2024 : 62 millions de kilos, soit 1,9 %).
Evolution du trafic de perfectionnement entre 2019 et 2025
En tonnes
Défis 2025
L’année laitière suisse 2025 a été marquée par une production très élevée au second semestre, par des stocks de beurre élevés et par le lancement d’un débat politique autour du trafic de perfectionnement. Cette discussion se poursuivra également en 2026.
Au cours de l’année, les délégués ont pris diverses décisions lors de l’assemblée ordinaire et d’une assemblée extraordinaire. Outre les décisions concernant le fonds « Régulation », ils ont notamment encore augmenté le soutien à la matière grasse dans le fonds « Réduction du prix ». L’IP lait a ainsi rendu l’utilisation de beurre suisse plus attractive pour l’industrie alimentaire orientée vers l’exportation, contribuant ainsi à soulager le marché suisse du beurre. Il s’agit également d’une réponse proche du marché aux revendications politiques pour renforcer les obstacles au trafic de perfectionnement.